• chapitre trois // extrait sept

    Le bureau déborde de bibelots et de livres. On ne distingue pas directement la couleur du papier peint à cause des étagères et des affiches qui ornent les murs. Le bureau est recouvert de paperasse, de pots à crayons et de manuels d’histoire ouverts. M.Lovergrant a également la fâcheuse habitude de laisser ses mugs entamés sur le bord des meubles de rangement. Il possède également une table basse et deux fauteuils dont l’un est occupé par mon popotin. Je me permets de me lever pour jeter un coup d’œil à tout ce bazar. La bibliothèque d’un professeur d’histoire n’est pas très passionnante... Manuels, encyclopédies, ouvrages sur l’Antiquité, le Moyen-Âge... Oh ! Il possède lui aussi des pierres, je peux reconnaître une ambre similaire à celle de mon collier. Dans un coin de la pièce se trouve une grande malle. Elle est ouverte. A l’intérieur ne se trouvent pas des livres d’historien mais des recueils de nouvelles, des ouvrages plus littéraires. Cependant, en regardant bien, je peux distinguer un carnet à la couverture abimée, comme s’il venait du passé. Je le pris délicatement, regardant la porte pour vérifier si le professeur ne revenait pas déjà de son excursion dans les couloirs du lycée. Heureusement pour moi, aucun bruit de pas ne parvient à mes oreilles. J’ouvre alors le petit carnet. Je pensais y trouver de longs récits rédigés à la plume comme à l’époque mais il s’agit d’un carnet de croquis... Sur la première page se trouve le portrait d’une dénommée Esmée, gardienne des Ames Déchues du monde de Daxus. Elle est magnifique. Je m’assis sur le fauteuil pour le feuilleter. Je parcours les pages. Dedans sont dessinés les paysages de ce monde inconnu, dans lequel spiritisme et rêve se mêlent pour ne faire qu'un. Cela s’appelle le ygró... Qu’elle est cette langue au juste ? Ce n’est pas du latin, peut-être du grec ? Je sens soudainement un air chaud dans mon cou. 

    — Alors comme ça on fouille dans mes affaires ?  

    Je pousse un cri. En sursautant je fis tomber le carnet et me retrouve par terre. La honte, même un tueur en série aurait rigolé. Je finis par me relever malgré la douleur dans ma hanche. M.Lovergrant se tenait derrière moi, mais depuis combien de temps ? Je ne l’ai pas entendu...  

    — Ulysse je suis désolée ! Je ne pensais pas te faire aussi peur... De plus je ne peux pas faire le bilan avec toi aujourd’hui... On vient de me prévenir que je dois aller gérer une classe ! Dit-il anxieux. On dirait que je vais devoir faire cours cet après-midi exceptionnellement... 

    — D’accord ! Ce n’est pas grave ! Aurevoir ! Dis-je en me précipitant pour sortir de la pièce. Il m’a vraiment fait peur ! Quel genre de personne fait ça sérieux ! Il est vraiment trop bizarre.  

    Ouf ! La journée est enfin terminée. Mince ! Je n’ai pas pris la référence du carnet. Peut-être existait-il plusieurs éditions de ce carnet de croquis... Pas grave, je pourrais toujours demander à M.Lovergrant de le lui emprunter. Sur le trajet du bus, la musique à fond dans les oreilles, je me mis à repenser à la déesse Esmée. J’ai pu lire à côté de son portrait qu'elle soulage les Ames Déchues avec ses mots, qu’elle leur chante des sortes de berceuses pour les guider vers la paix... c’est poétique comme approche pour parler de la mort. Mon bus parvient finalement à mon arrêt. Le soleil est déjà couché, je suis partie tard du lycée... mais personne ne s’inquiète pour moi à la maison. Cette année ma mère doit bosser trois fois plus dur pour obtenir une promotion, elle monte dans les grades donc la compétition est plus dure. Papa lui, voyage pas mal. Il doit se rendre fréquemment à Austin pour suivre une formation. Je n’en parle pas souvent mais mes parents sont brillants, dans le genre “chercheurs de renommé” ils sont les rois. Ma mère travaille dans le domaine de la biologie et mon père est archéologue. Je sais, ça parait super cool dit comme ça mais du coup, ils passent beaucoup de temps le nez plongé dans les bouquins, où assis devant leurs bureaux. J’ai droit à un exposé sur les cellules souches ou à propos des poteries antiques à chaque dîner. Et ne parlons pas des discussions lorsque mes parents invitent des collègues pour l’apéritif, un bourrage de crâne intensif et atroce.  

    Je franchis le portail de mon jardin. Le sapin de la cour a été décoré d’une guirlande lumineuse. Ça y est, Maman a commencé les décorations de Noël... Je sortais les clés de ma poche lorsque j’entendis une voix.   

    — Ulysse ! Cria quelqu’un. 

    Je me retournai en direction de mon portail, les yeux plissés. Il fait pratiquement nuit et ma rue n’est pas éclairée à cette période de l’année. Je me dirige vers la personne. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour comprendre qu’il s’agit de Peter. Son blouson rouge est la première chose que l’on voit.  

    — Qu’est-ce que tu fais là ? Tu pourrais prév.... 

    — J’ai quitté Camryn. Dit-il en me coupant la parole.  

    Il me regarde, tout sourire, comme s’il m’annonçait que le vaccin contre le cancer avait été trouvé.  

    — Et donc ? Lui demandé-je.  

    — Oh Ulysse... tu sais bien que y’a un truc entre nous, et ce n’est pas ce... Comment il s’appelle déjà ce skateur... Elion ?  

    — C’est Eldiorn pour être exact. Dit une voix au ton protecteur.  

    Je reconnais la voix de mon copain provenant du porche de ma maison. Je sens que cette situation va être compliquée pour moi...  


  • Commentaires

    1
    Jeudi 13 Septembre à 22:14

    huehuehue hate lire la suite, j'aime bien quand il y a des petites embrouilles entre les perso x)

     

      • Vendredi 14 Septembre à 08:42

        hihi cool ! haha tu verras prochainement ! ^^ 

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