• Chapitre trois // extrait deux

    Je jette un regard vers Hélia.  

    — Va s’y me dit-elle. Il faut que tu lui parles.  

    Je me contente d’hocher la tête et je sors du bus. Peter se tient devant le panneau d’affichage. Il me regarde arriver le visage neutre. J’ai l’impression d’aller à la rencontre d’un inconnu.  

    — Salut... dis-je timidement 

    — Salut.  

    Un blanc s’installe, personne n’ose parler. Je ne vois pas ce que je pourrais dire puisque c’est lui qui m’a demandé de le rejoindre, pourtant j’ai l’impression de devoir dire quelque chose par moi-même.  

    — Alors... tu voulais me dire quoi ? Demandé-je un peu plus sûre de moi. 

    Il se passe la main dans les cheveux, il est nerveux comme souvent ces derniers temps. Il porte le blouson d’hiver du lycée, un jean noir un peu large, des baskets blanches. Ses cheveux ont pas mal poussé depuis la rentrée, ses cheveux commencent à boucler aux pointes et sa barbe est mal rasée.  

    — Je voulais qu’on s’explique par rapport à Halloween... Je sais que je ne me suis pas contrôlé ce jour-là et je voulais simplement te dire que je m’excuse que tu m’aies vu comme ça. Dit-il en fixant l’horizon sans me regarder. Je peux voir une lueur de remord dans ses yeux.  

    — Oh... pas de problème, t’inquiète c’est déjà oublié ! Dis-je gentiment.  

    — Tu as oublié ?  

    Il pousse un ricanement, un ricanement qui sonne faux.  

    — Me fais pas croire que cet incident n’a rien changé Ulysse ! S'écrit-il en se tournant vers moi, ses yeux  désormais rivés sur moi.  

    Pourtant c’est le cas, ce n’est pas sa crise de rage qui a bouleversé mon quotidien ! S'il savait... 

    — On sait bien tous les deux ce qu’il s’est vraiment passé... Me chuchote-t-il tout en s’approchant de moi. 

    Il pose sa main sur mon épaule, je peux sentir son autre main prendre la mienne. Il colle son front contre le mien, je n’ose pas bouger et pourtant je me sens remplie d’une hystérie sans nom.  

    — Ça ne te rappelle pas quelque chose ? Murmure-t-il dans mon oreille calmement.  

    Ses lèvres effleurent les miennes, il me sourit et sans un bruit, retire ses mains et reprend son skate qui était à terre. Je suis immobile. Lorsque je reprends finalement conscience de mon état je sens mes joues brûler, je respire fort et je sens encore la pression de son étreinte sur ma peau. Je le suis sur le trottoir longeant le parking. Je ne détache pas mon regard de son dos. Alors qu’il s’apprête à passer la porte principale, il se retourne une dernière fois vers moi et me regarde avec insistance. Cette fois-ci c’est clair, Peter est différent, il a vu ma vision ! Je dois tout de suite voir Hélia !  

    Je n’ai pas cours d’histoire avec elle aujourd’hui car M.Lovergrant s’est absenté. Je passe la matinée en cours d’espagnol puis de maths... Je n’arrive pas à me concentrer. C’est tout de même fou... Je viens de trouver une preuve que nous ne sommes pas les seules à vivre ses expériences paranormales ! A l’heure du déjeuner, alors que je sors de ma salle de classe, je reçois un SMS de mon amie.  

    Ulysse, je suis désolée mais je dois faire un truc de midi, ça te dérange ?   

    Je lui réponds que ce n’est pas un problème. Je soupire cependant... j’aurais aimé lui annoncer cette nouvelle au plus vite. Le reste de la journée est banal, j’assiste à mes deux derniers cours de la journée et je rentre chez moi. Hélia finit une heure plus tard que moi donc je lui parlerai demain.  

    Je ne pourrais pas lui en parler le lendemain. Nous n’avons eu aucun cours en commun et elle n’a toujours pas pu rester avec moi pour le déjeuner. Heureusement nous nous sommes échangé quelques messages hier soir pour raconter notre journée. Je ne lui ai même pas parlé du baiser avec Peter. Je suis censée me réjouir avec ma meilleure amie de ce genre de choses comme dans les films avec du pop-corn devant un film non ? Ou pas, c’est trop cliché pour nous. Ce n’est pas grave, j’ai seulement besoin de me dépenser pour extérioriser et ne pas me laisser consumer par tous les récents évènements. En plus, cerise sur le gâteau, ma mère a commencé à acheter des décorations de Noël... Ce n’est pas comme si cette fête était dans plus d'un mois... Du coup le week-end nous allons avoir les traditionnels ateliers de loisirs créatifs sur la table de la salle à manger avec Matty et mon père qui se contentera de se moquer de mes boules à neige ratées. Je comprends maintenant pourquoi mon professeur de sport ne cesse de me féliciter pour mes récents dons en volley-ball, j’ai vraiment une boule de feu en moi que je dois expulser de mon corps alors frapper dans une balle et faire des smatchs c’est dans mes cordes. Aujourd’hui nous devons constituer des équipes de quatre. Les garçons sont séparés des filles, je n’ai jamais compris pourquoi puisque nous sommes dans l’enceinte d’un lycée, pas aux Jeux Olympiques.


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