• chapitre trois // extrait cinq

    L’un des garçons, accompagné d’une partie de la bande, s’en va prendre le bus. Il ne reste plus grand monde mais il est toujours là, lui, assis à côté de cette fille à la crinière de poney arc-en-ciel. Je les vois rigoler tous les deux, ils semblent assez proches. J’ai un pincement au cœur en les voyant, je me mets à penser à Peter... Stop Ulysse ! Oublies-ça. En reprenant mes esprits je me rends compte qu’ils ne sont plus devant moi. Mince, j’ai loupé mon occasion !  

    — Tu pouvais venir me parler directement tu sais ! Me dit quelqu’un par-dessus l’épaule tout en posant sa main sur ma tête en ébouriffant mes cheveux.  

    — Eh ! Qu’est-ce que tu fais ?! Crié-je en me retournant, à moitié en train de rigoler. Je sais très bien qu’il se trouve derrière moi, c’est bien son genre.  

    Il s’assoit à côté de moi. La fille n’est plus là. Je le fixe un instant. Il a une petite barbe et des yeux bleus à tomber qui se cachent derrière les verres de ses lunettes. Il est encore plus mignon de près...  

    — Je t’ai vue roder autour de nous petite cachotière... dit-il en me taquinant et en entourant mes épaules de son bras. On peut dire qu’il est tactile...Mais ça ne me dérange pas.  

    — Je n’ai jamais été très douée pour me faire des amis.  

    — Pourtant je suis ton ami maintenant pas vrai ? Aller vient ! Je vais te montrer un endroit du lycée que tu ne connais sûrement pas ! Me propose-t-il tout excité.  

    Je décide de le suivre. Nous marchons l’un à côté de l’autre, rigolant à des blagues stupides et chantonnant les dernières notes d'un morceau du groupe Arctic Monkeys, mon préféré.  

    — Au fait ! Comment tu t’appelles ? Lui demandé-je. 

    — Je me demandais quand tu allais me poser la question Ulysse ! Ricane-t-il.  

    — Tu connais mon nom ?  

    — Bien sûr... murmure-t-il en souriant dans son écharpe.  

    Nous arrivons à bon port. Le skate-park du lycée. J’en avais oublié l’existence, en même temps il est isolé de tout.  Je cours en haut de la structure tandis que mon ami inconnu s’échauffe sur sa planche. Je le regarde pendant une demie heure enchaîner les figures. C'est assez impressionnant.  

    — Tu veux essayer madame la malpolie ?  

    J’explose de rire, c’est le pire surnom qu’on m’ait donné ! Je le rejoins et je monte sur la planche. Je m’appuie sur ces épaules et nous commençons doucement à rouler. Au bout de quelques mètres je parviens à le faire toute seule. Ce n’est pas si compliqué finalement.  

    — Si tu réussis à faire le tour du skate-park, je te dirais mon prénom ! Me dit-il.  

    D’accord, pari lancé ! Je m’élance sur la planche, je parviens à rouler sur la première ligne droite, il faut maintenant que je tourne... Pas très facile mais j’y arrive. Je suis maintenant au troisième virage. Je sens que je m’y prends bien pour une débutante, mais alors que je prends appuis pour incliner la planche, celle-ci dérape sur le béton. Je m’étale par terre. J’entends le bruit de ses chaussures frapper le sol pour accourir jusqu’à moi.  

    — Rien de cassé ? Me demande-t-il inquiet. Il me saisit par la taille et pose sa main sur ma cuisse.  

    — Ça va, je suis plus coriace que j’en ai l’air ! Dis-je avec un petit rire.  

    — Tu mérites alors de m’appeler Eldiorn désormais. 

    Il me relève à la force de ses bras. Décidemment, je suis comme une poupée que tous les garçons aident à se relever. Toujours la main autour de mes épaules, il me fait monter sur le skate de nouveau mais cette fois-ci il ne marche pas pour m’apprendre à rouler... Sans que je puisse réellement reprendre mes esprits suite à ma chute, Eldiorn me vole un baiser. Mais pas un simple baiser, un vrai avec tout le bazar qui va avec ! Ses mains qui caressent mon dos, les miennes qui retirent son bonnet pour les passer dans sa chevelure et nos lèvres qui ne séparent plus. Je ne sais pas si c’est une bonne idée d’embrasser quelqu’un que je connais seulement depuis aujourd’hui mais je m’en fiche, il sera mon erreur de parcours ou bien un raccourcit vers le bonheur.  

    J’ai le souffle court. Nous nous sommes pelotés pendant de longues minutes, moi en équilibre sur la planche et lui tentant de me soutenir, mais ce moment de pur plaisir est terminé. Nous nous regardons comme deux enfants venant de faire une bêtise, c’est jouissif.  

    La semaine suivante, je passe mon temps seule à écrire sur mon carnet que je prends maintenant au lycée. Cependant je sais qu’à chaque fois que la sonnerie retentira, je retrouverais mon petit copain dans les couloirs du bahut et je ne serais pas gênée de le montrer au reste du monde. Eldiorn me permet de me sentir normale, de vivre ce que n’importe quelle lycéenne vivrait dans un lycée si elle n’avait pas des visions ou des rêves mystérieux, cela me fait du bien de me sentir comme les autres. Je n’ai toujours pas réglé mon problème avec Hélia... Je la croise parfois, elle et Demethys. Elle m’adresse toujours un timide sourire, comme pour s’excuser encore une fois. Concernant Peter, je ne lui ai pas reparlé non plus. A vrai dire, depuis que je suis en couple il se contente de me regarder du coin de l’œil ou de regarder Eldiorn avec mépris quand je suis dans ses bras. Il est jaloux c’est évident, mais c’est comme ça...  


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