• chapitre quatre // extrait trois

     Nous nous donnâmes rendez-vous pour midi dans la salle n°236, dédiée à notre club “d’expériences oniriques”. J’arrivai à l’heure à ma grande surprise et déposai mon sac sur le bureau. Personne n’est encore arrivé... Je meurs de faim ! Elles pourraient se dépecher tout de même ! J’avais parlé trop vite, elles débarquèrent pile à ce moment-là.  

    — Ah bah enfin ! M’exclamai-je 

    — Désolée, on avait cours à l’autre bout du campus... Répondit Déméthys tout en se dirigeant, les bras ouverts, vers moi.  

    Elle vint m’enlacer tendrement. Je me réjouis d’avoir enfin pu me réconcilier avec elle, nous étions amies maintenant. Nous nous installâmes en cercle à même le sol. Je commençai en leur confiant ma découverte sur Esmée dans le bureau de notre professeur principal :  

    — J’ai découvert l’existence d’un monde appelé Daxus. Il y règne une sorte de déesse nommée Esmée. Elle est également appelée “Gardienne des Âmes déchues"… 

    — Oh ! Ils en parlent dans mon livre ! Cria Hélia 

    Elle sortit de son sac l’énorme livre que nous avions dérobé à la bibliothèque. Elle commença à lire.  

    — Il s’agit des Princesses perdues de Daxus, un chapitre entier... Non deux chapitres leur sont attribués !  Les princesses étaient prédéstinées à diriger tout un univers mystique. On les soupçonne de s’être enfuies mais n'ont jamais été retrouvées. Cela fait plus de 340 ans que leur mère, Esmée, les cherche.   

    — 340 ans tu es sûre ? Demanda Déméthys intriguée.  

    — Oui ! Esmée est immortelle, tout comme ses filles. Répondit Hélia, en vérifiant sur la page suivante.  

    — J’ai aussi trouvé autre chose... Le livre mentionnait également une source d’énergie liant le spiritisme et les rêves. Cela s'appellerait l'ygró... c’est du grec, j’ai vérifié sur internet. Cela signifie “fluide”. Précisai-je.  

    — Bon... maintenant qu’on sait tout ça, qu’est-ce qu’on fait ? Je n’ai encore jamais fait de rêves comme les vôtres, je me sens un peu inutile. Dit Déméthys.  

    Nous profitâmes de ce moment de réflexion pour déguster notre repas. J’ouvris mon sac pour prendre ma gourde et mon sandwich mais celui-ci était bloqué par un objet imposant... Qu’est-ce-que j’aurai bien pu mettre dans mon sac ? J’examinai l’intérieur de mon cabas et découvris le fameux carnet de M.Lovegrant... Pourtant, je ne me souviens pas de l’avoir pris de la malle avant de partir. Curieux... me l’aurait-il glissé dans mon sac sans que je puisse m’en rendre compte ? C’est fort possible, ce professeur est timbré de toutes façons. Je prendrais le temps de le lire plus en détails ce soir.  

    Ce soir-là, je rentre chez moi impatiente de découvrir ce que ce carnet renfermait à propos de Daxus. Je rentrai dans le hall de ma maison et montai immédiatement dans ma chambre. Je m’installai à mon bureau et me mis à lire. Je n’en revenais pas... Ce monde est très complexe. Je pus voir des dessins et des cartes illustrant cet univers imaginaire tout droit tiré d’un conte merveilleux. Je m’assoupis tard de la soirée, la tête remplie de nouvelles sensations.  

    La puissante lumière blanche du jour me réveilla. Je mis du temps à ouvrir complètement les paupières et à m’extirper de mon lit. Mais le choc fut vif ! Je n’étais pas dans ma chambre ! Cela recommence... Il ne me faut pas beaucoup de temps pour me rendre compte que je suis de nouveau dans la salle blanche dans laquelle je n’avais pas remis les pieds depuis deux longs mois... Hélia n’est pas là. Je suis seule face à ce nouveau rêve. La salle n'est pas exactement la même, les murs sont redevenus opaques mais désormais, deux longues rangées de colonnes de marbre se dressent devant moi formant un long et interminable couloir. Mon pendentif se mit à briller de sa lueur violette. Je compris qu’il fallait que j’avance. Je marchai longtemps, trop longtemps. Cette salle n’est peut-être qu'une infime partie d’une énorme forteresse blanche et lumineuse. J’entendis un murmure, une petite mélodie provenant du bout du chemin lumineux que je suivais. La lumière jaillit soudainement et m’aveugla. J’entendis une voix féminine et maternelle m’appeler de mon nom. Je me mis à courir.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :