• chapitre deux // extrait trois

    Il est un peu bizarre ce prof parfois...Il plaisantais mais ça se trouve je peux réellement prédire l'avenir. Je le saurais, si j'entends un jour ce garçon prononcer cette phrase "Je connais Ulysse, elle n'est pas comme ça". Je retourne aux casiers, je n'utilise pas le mien mais celui de Josie, l'une des Cams. Elle me le prête car elle ne l'utilise pas, ce genre de filles ont trop peur que les gens leur piquent leur précieux gloss ou je ne sais pas quel autre produit indispensable pour qu'elles restent toujours parfaites, donc elles gardent leur sac à main au bout du bras.  Je rejoins la bande dans la cour, ils sont à leur table habituelle, celle qui leur semble réservée. Je m'installe à côté de Marcus, un grand brun à la peau mate, aux yeux noisette comme les miens, c'est un autre joueur de foot. Ils parlent de trucs futiles comme les détails de leur prochaine soirée, la couleur des gobelets en plastique, qui seront les victimes de leurs multiples farces. Je ne reste pas très longtemps. Les cours sont terminés, je décide donc de rentrer chez moi.  

    Aujourd'hui il fait pour la première fois un peu plus froid. L'été s'en va doucement, et Hélia aussi. Cela fait déjà des semaines que je ne l'ai pas vue. Nous nous envoyons des messages tous les jours mais ce n'est pas pareil. On est samedi, je pourrais lui rendre visite... Je rejoins mon père dans la cuisine pour lui demander de m'emmener chez mon amie. J'enfile un pull jaune poussin, un clin d'œil à sa couleur préférée, je porte toujours le collier de notre rêve, je ne sais pas si elle porte son bracelet elle.  

    Nous partons aux alentours de midi, j'ai prévenu Hélia que nous arrivions. Mon père me dépose devant un grand bâtiment à l'architecture sobre. Le bâtiment est simplement rectangulaire, gris avec des fenêtres de toutes les couleurs. Cependant, les habitants semblent prendre plaisir à décorer leurs balcons et l'encadrement de leurs fenêtres. Je peux voir des toiles indiennes, des guirlandes et des multiples poufs à travers les barreaux des loggias. Une femme est en train de fumer à sa fenêtre, elle a posé des fleurs en pot sur le rebord de sa fenêtre ainsi que des statuettes africaines. J'aime beaucoup l'âme de cet immeuble. Lorsque j'entre par la porte principale, un homme accompagné de ces quatre enfants sort de chez lui. Il m'adresse un grand sourire que je lui rends. Les enfants se tiennent tous la main, le plus grand doit avoir 7 ans. Je les entends chuchoter. "Regarde son collier, il est trop joli" dit le petit garçon à sa petite sœur. Cela me fait penser à Matty. Quand il est né j'avais déjà 14 ans. Nous n'avons pas grandi ensemble comme ces enfants, c'est dommage. J'aurais vraiment apprécié parler à mon frère comme ce petit môme le fait avec sa frangine.  

    Je parviens à une porte ornée d'une applique en cuivre affichant un 8. Je ne connais pas le nom d'Hélia...Je suis une meilleure amie en carton ! Je sonne, perplexe. Un homme ouvre la porte doucement. Il est roux, pas très grand, mince, avec une barbe de trois jours et il a de magnifiques yeux verts. Il pore une chemise à motifs hawaiien et un pantalon kaki. Il semble décontracté.  

    — Bonjour...heu...Je m'appelle Ulysse... 

    — Oh Ulysse ! Entre ! Hélia me parle de toi tous les jours. Me dit-il avec un grand sourire faisant apparaître ses fossettes.  

    Je pénètre dans le hall d'entrée des Summers, je connais enfin son nom de famille désormais. L'appartement est sublime. Comme je m'en doutais, les murs sont tapissés d'œuvres d'art, de peintures sûrement esquissées par sa mère. Le sol est couvert de nombreux tapis aux allures orientales. Les étagères et les meubles sont garnis de bibelots en tout genre. C'est comme si le monde entier était venu déposer un objet ici, que toutes les merveilles du globe étaient en ce lieu. Monsieur Summers m'accompagne jusqu'à la porte de la chambre d'Hélia. Je toque timidement.  

    — Tu peux entrer ! Crie-t-elle 

    Je m'introduis alors dans la petite pièce. Les murs sont recouverts de peintures, de paysages dessinés au cours du temps. J'y vois des couleurs et des lumières que je n'avais encore jamais pu discerner dans mon quotidien...Ce mélange est peint d'une telle manière que nous avons l'impression que le mur ondule et bouge, comme s'il respirait. La chambre est très lumineuse, il y a une gigantesque fenêtre au-dessus du lit, recouvert de coussins et de peluches. Hélia se tient devant son bureau, entourée de pots remplis d'eau aux diverses couleurs, sûrement utilisés pour son art.  

    — Salut... comment ça va ?  

    — Oh Ulysse ! S'exclame-t-elle en se jettent dans mes bras. Tu m'as manqué !  


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